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L'échec du Printemps de Prague
En 1953, la Tchécoslovaquie ne profite pas de la mort de
J. STALINE pour se tourner vers la libéralisation. Les conditions
internes sont en effet favorables au conservatisme : les performances
économiques sont plutôt meilleures que dans les autres
pays de lEst, lintelligentsia reste loyale envers le
Parti et le caractère multi-éthnique du pays empêche
la constitution de mouvements unis dopposition.
Pendant l'année 1968, le Secrétaire
du Parti Communiste tchécoslovaque A. DUBCEK et les communistes
tchécoslovaques entreprennent l'instauration d'un socialisme
à visage humain, qu'ils nomment " Printemps de Prague
". La Slovaquie recouvre une forme d'autonomie politique dans
le cadre d'une République tchéco-slovaque devenue
fédérale, dotée de deux parlements et de deux
exécutifs fédérés. Les dirigeants tchécoslovaques
refusant de mettre un terme à leurs réformes comme
l'intime l'URSS, les troupes du pacte de Varsovie envahissent la
Tchécoslovaquie le 21 août 1968 et détachent
quatre-vingt mille soldats en permanence dans le pays. En signe
de protestation, l'étudiant J. PALACH s'immole par le feu
sur la place VENCESLAS à Prague. Cette normalisation violente,
unanimement condamnée par la communauté internationale,
a fortement dégradé l'image de l'Union soviétique.
La négation des libertés publiques
Entre 1948 et 1989, les libertés publiques
en Tchécoslovaquie ont été réduites
à leur plus simple expression. Le communisme n'était
pas une idéologie à vocation exclusivement économique
ou politique. Ayant la force d'une institution, il transparaissait
dans l'ensemble de la vie en société. Sa mainmise
sur les jeunes générations s'illustrait par des programmes
d'études doctrinaires et démagogiques. Les enfants
et les adolescents devaient sans exception adhérer aux organisations
de " pionniers ", sorte de scoutisme doctrinaire. La propagande
se poursuivait auprès des adultes grâce à l'action
colossale des services de renseignements. De plus, l'institutionnalisation
de la délation anonyme de " voisinage " transformait
chaque citoyen en un policier potentiel. D'autre part, il existait
de strictes limitations à la liberté de circulation
à l'intérieur et hors des frontières de l'ancien
Bloc de l'Est, ainsi qu'à la liberté d'opinion, notamment
religieuse. Conformément à la doctrine marxiste, la
religion, " opium du peuple " était accusée
d'asseoir la domination des riches sur les pauvres. Tout ce qui
n'était pas explicitement autorisé était interdit.
Les pouvoirs législatif, exécutif
et judiciaire étaient en théorie répartis entre
le gouvernement, les Conseils (dont le Soviet suprême) et
les Cours de Justice mais, en fait, tous les pouvoirs revenaient
au Parti. L'existence de partis d'opposition aux régimes
était inconcevable ; l'idéologie, prétendue
scientifique, se voulait incontestable et ne tolérait aucune
alternative. Il était en particulier obligatoire de voter
pour le candidat communiste de son " choix ", sous peine
d'encourir des poursuites étendues.
La violence de la répression en cas de soulèvement
apparaissait suffisamment coercitive pour réduire les conflits
et les troubles à l'ordre public. Les nouveaux communistes
au pouvoir à partir de 1968, ultra-orthodoxes, étaient
impopulaires mais ils usaient de moyens coercitifs pour maintenir
un calme relatif. La vie en Tchécoslovaquie se caractérisait
alors par une apathie générale, même si des
mouvements clandestins, telles que Charta 77, apparaissaient.
Le douteux
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