|
L'intérêt des slaves pour la culture remonte à plus de
mille ans. Dès le IXe siècle, Cyrille et Méthode
créent l'alphabet glagolitique, la première écriture
slave. Dans leur traduction de l'Evangile figure en préface
le poème Proglas de Cyrille qui incite, entre autres, les
peuples slaves à lire et à écrire. Cependant,
les plus anciens documents écrits en slovaque datent du xve
siècle et la langue slovaque n'émergera qu'à
la fin du XVIIIe siècle, en même temps que la conscience
nationale slovaque.
Au début du XIXe siècle, Jan Kollár (1793-1825)
rassemble des chansons folkloriques slaves et encourage la coopération
culturelle entre les Slaves. Ecrit en 1821, son célèbre
poème Slávy dcéra (La Fille de Slava) est un
cycle de sonnets qui s'inspire de la mythologie slave. En 1843,
le poète révolutionnaire Ludovit Stur codifie la langue
slovaque, ce qui marque la naissance de la littérature moderne
slovaque.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, les textes présentaient
essentiellement un caractère nationaliste et étaient
souvent écrits en vers. Le prêtre catholique Ján
Holly (1785-1849) a traduit de nombreuses uvres classiques en
slovaque et écrit des ballades épiques à la
gloire de l'histoire slovaque. Janko Kral et Andrej Sladkovic se
distinguent également par leurs poésies, puis, à
la fin du XIXe siècle, le poète Pavol Orzsagh Hviezdoslav,
dont lensemble dramatique du Théâtre National
Slovaque porte le nom, et le prosateur Martin Kukucin sont des figures
de la résistance contre la magyarisation des Slovaques. Le
poème de Jan Botto (1829-1881) "Smrt Janosikova"
(la mort de Janosik) est un des joyaux de la poésie romantique
slovaque. Pavol Dobsinsky (1828-1885) a également significativement
contribué à l'essor de la littérature de son
pays en rassemblant et publiant un grand nombre de contes populaires
slovaques.
La vie paysanne est célébrée au début
du XXe siècle par des écrivains tels que Jozef Cíger-Hronsky,
mais les thèmes politiques reprennent le dessus à
partir de la guerre 1914-1918, notamment chez Dominik Tatarka. Ivan
Krasko, Milo Urban et le groupe des surréalistes donnent
par leur tendance « moderniste » un nouvel élan
à littérature slovaque, mais celui-ci est freiné
par la proclamation d'un Etat fasciste slovaque pendant la Seconde
Guerre mondiale. Sous le communisme, les poètes concrétistes,
les Coureurs solitaires et de nouveaux auteurs (Alfons Bednar, Jan
Johanides, Rudolf Sloboda, Lydia Vadkerti Gavornikova...) sont quelques
exemples des rares courants littéraires qui ont pu subsister.
Depuis la Révolution de Velours, de nouveaux auteurs ont
émergé, tels que Peter Pistanek et Milan Rufus.
Beaux-Arts, musique, théatre
et cinéma >>
|
|
|