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Entretien
avec Paul Scheynen, Président de la Chambre de
Commerce belgo-luxembourgeoise pour la Hongrie |
Les entreprises belges et luxembourgeoises
sont-elles bien implantées en Hongrie ? Dans quels secteurs
se distinguent-elles en particulier ?
Il y a environ trois cent entreprises belges en Hongrie sous
forme de simple bureau de représentation, en joint venture
ou partenariat avec un groupe hongrois ou 100 % belge. Les plus
connus sont "K & H Bank" et le groupe de brasseries
IMBEV (l'ex Interbrew). La K & H Bank est la deuxième
banque du pays après OTP (banque non encore privatisée)
et donc la première banque privée. L'actionnaire
principale, largement majoritaire, est la banque Belge KBC Bank,
par ailleurs également très présente en
République tchèque et en Pologne.
L'un des premiers investisseurs de Belgique en Hongrie fut
SAMSONITE _ le directeur en charge de cette zone en Belgique
est un français, monsieur Jacky SOULIER qui apparemment
se sent bien à Oudenaarde (Flandres Orientales) _ mais
il y eut rapidement d'autres grands acteurs tels que Solvay
et GlaxoSmithKline. Inévitablement, les maisons-mères
sont souvent des sociétés de droit belge mais
avec un actionnariat américain, allemand, français
ou encore anglais (Amylum, Tate & Lyle). Au niveau des sociétés
de taille moyenne on constate que l'on retrouve des sociétés
actives dans l'agriculture, ce qui s'explique notamment par
le fait que la Hongrie est trois fois plus étendue que
la Belgique, avec le même nombre d'habitants.
Pour résumer, la Belgique figure est surtout présente
dans le secteur bancaire, la chimie, la pharmacie, la brasserie
et l'agriculture.
Existe-il des affinités culturelles
particulières entre les Belges et les Hongrois ? Comment
se passe l'intégration des expatriés belges en
Hongrie ?
Il existe des relations "historiques" et culturelles
significatives entre la Belgique et la Hongrie. Marie de Hongrie,
soeur de Charles Quint, a-t-elle ainsi gouverné notre
région pendant une vingtaine d'années au seizième
siècle. De même, à l'époque de Marie-Thérèse
et de Joseph II, nous partagions le sort des Hongrois.
Mais il ne faut pas oublier que les Hongrois ne sont ni des
Slaves (la langue hongroise est totalement différente
et n'a que des racines communes qu'avec les langues du groupe
finnois) ni des européens occidentaux. Ce sont des européens
du Centre qui ont vécu en osmose avec les Autrichiens.
Il sont tout de même plus proches de nous que d'autres
pays de la région. il y a surtout la révolte de
1956 lors de laquelle la Belgique a été très
généreuse au niveau de l'aide humaine et de l'accueil
de réfugiés.
La Belgique compte une grande communauté hongroise,
qui s'est parfaitement intégrée. Les Belges ont
eu énormément de sympathie pour le peuple hongrois
lorsque que les communistes s'étaient permis de mettre
un évêque catholique en prison, mais aujourd'hui
le "reflexe" religieux en Belgique est plus faible.
Après la révolution, Moscou a toléré
un régime un peu moins dirigiste, le "goulash communisme"
ce qui a permis que l'entreprise et l'initiative privées
bénéficient d'un peu d'air pour s'épanouir
tout doucement. C'est pour cela que 1989 a été
un peu moins un choc et ce n'est pas illogique que les investisseurs
ont tout d'abord regardé vers Budapest. C'est d'ailleurs
la Hongrie qui a ouvert ses frontières pour les "Trabants"
des Allemands de l'Est qui sont partis vers l'Autriche et Allemagne
comme des Ferraris...
Propos recueillis par David Chelly, le 5 mai 2005
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