| L'échec
de la transition vers l'économie de marché En
1991, gouvernée par le parti de droite UFD, la Bulgarie choisit la voie
d'une réforme économique rapide et radicale. Elle signe alors un
programme de coopération avec le Fonds Monétaire International (FMI)
pour limiter l'inflation, ralentir le déclin de l'économie, stabiliser
la monnaie nationale et encourager le secteur privé. Tous
les gouvernements qui se succèdent sont confrontés à la difficulté
de la transition vers l'économie de marché, mêlée à
une forte corruption, ce qui plonge dans la pauvreté plus de la moitié
de la population. Les gouvernements ont fait preuve de passivité et n'ont
pas mené de réelle politique industrielle privilégiant tel
ou tel secteur. Début 1997, l'inflation, la dette publique et le déficit
budgétaire échappent à tout contrôle, les marchés
financiers s'effondrent et les autorités bulgares ne peuvent défendre
la monnaie nationale faute de réserves de change. La
mise en place du Currency board Le nouveau gouvernement
issu des élections d'avril 1997 signe un accord avec le FMI et s'engage
dans la voie de l'assainissement budgétaire, des réformes structurelles,
de l'accélération du programme de privatisation et de la résolution
des problèmes des gouvernements précédents tels que celui
de l'environnement. Le pays adopte le 1er juillet 1997 un système de Caisse d'emission
(currency board), institué par le FMI et la Banque Mondiale, liant la monnaie
nationale, le lev, au DM (et de facto à l'euro) par une parité fixe. Ce système
garantit la stabilité de changes, la baisse des taux d'intérêt et
l'instauration indirecte d'une discipline budgétaire.
Une amélioration économique contrariée par des facteurs externes Grâce
au Currency board, la Bulgarie possède un des plus faibles déficits
de la région, un montant élevé de reserves de change et une
inflation modérée. Des succès en matière de stabilisation
et d'assainissement de l'économie et des finances publiques ont en effet
été enregistrés. La dette publique tombe de près de
70 % du PIB à la fin de 1996 à moins de 15 % à la fin de
1998, l'inflation passe de 243 % en février 1997 à environ 1 % en
1998, le taux d'intérêt passe de 198 % en janvier 1997 à 5
à 6 % un an plus tard. Le budget est devenu excédentaire en 2000, la rentrée
des recettes fiscales s'opèrant de façon satisfaisante avec notamment la TVA,
instituée récemment, qui représente plus de 50 % des recettes fiscales. Désormais,
la tâche d'assainissement du secteur bancaire est en bonne voie. La
crise russe de 1998 et la guerre en Yougoslavie en 1999, la hausse du prix du
pétrole, la baisse de l'euro et le ralentissement de l'économie européenne
viennent tour à tour contrarier le redressement économique de la
Bulgarie. La forte volonté de préparer le pays à entrer dans
l'Union Européenne en 2007 devrait soutenir l'élan donné
au programme de réformes engagé depuis 1997, et permettre de faire
face aux points délicats, tels que le poids important de la dette extérieure
et de la persistance d'un chômage élevé. Le rétablissement
paraît en bonne voie, mais reste fragile car dépendant de la restauration
de la compétitivité extérieure de la Bulgarie.
Une insertion progressive
dans lordre politique européen >>
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