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Entretien
avec Anton Slavtchev, spécialiste de la zone des
Balkans chez Colliers International
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Vous êtes un animateur énergique
des relations économiques et culturelles franco-bulgares.
D'où vient votre intérêt pour ces actions
et quelles ont été vos principales initiatives
?
Je suis bulgare, mais j'ai passe dix ans de ma vie en France.
J'ai fait mes études superieures à Strasbourg
et à Paris et par la suite j'ai travaillé au sein
de deux grandes entreprises françaises, EDF et Alstom.
Malgre le fait que la Bulgarie soit un pays francophone, la
culture et la langue française y étant présentes
et reconnues, il est fort regrettable qu'au niveau économique
les relations entre la France et la Bulgarie ne soient pas suffisamment
développées. La France n'est même pas parmi
les 10 premiers pays pour les Investissements Directs Etrangers
réalisés en Bulgarie. Ces derniers mois, il y
a quelques initiatives de grandes sociétés francaises
qui pénètrent ou s'installent en Bulgarie et j'espère
que cette tendance s'accélerera dans les mois qui viennent.
Moi-même j'ai toujours milité pour la promotion
de la Bulgarie en France. J'ai été membre actif
de l'Association Alliance France-Bulgaire qui est une des associations
les plus actives en France qui essaye de promouvoir les relations
politiques, culturelles et sociales entre nos deux pays. L'année
dernière avec quelques amis nous avons crée l'association
Club des Affaires France-Bulgarie. Cette association de jeunes
professionnels bulgares en France a pour vocation de faciliter
et promouvoir les relations economiques entre la France et la
Bulgarie. Très souvent des entreprises françaises
evitent d'aller en Bulgarie parce qu'elles sous-estiment ou
n'ont pas la connaissance de l'existence de jeunes cadres francophones
capables de mener à bien leur projet en Bulgarie. Ce
club est un vivier de jeunes experts bulgares dans les domaines
de la finance, du management, du droit, de la banque, qui évoluent
dans des grandes sociétés internationales en France
et en Bulgarie.
2. Les gouvernants français s'inquiètent
du fait que les hauts profils originaires d'Europe centrale
et orientale ayant suivi une formation en France choisissent
au final, tout comme vous, de rallier des multinationales étrangères.
Pensez-vous qu'il s'agit d'une situation courante ? Et si oui,
comment l'expliquez-vous ?
Quand je suis arrivé en France en 1995, mon idée
était d'acquérir des connaissance académiques
dans le domaine de la finance et du management, de les mettre
en pratique et de les approfondir dans un milieu professionnel
et par la suite de rentrer en Bulgarie pour pouvoir apporter
mon expertise et ma connaissance dans mon pays d'origine. Pendant
l'année précédant mon retour en Bulgarie,
je suivais activement et prospectais la possibilité de
travailler pour une société française en
Bulgarie. Apres quelques tentatives timides de la part de sociétés
francaises, j'ai accepté l'offre de Colliers International.
Cette société américaine, une des trois
premières mondiales dans le domaine du conseil dans l'immobilier,
m'avait trouvé en France et côtoyé un an
avant que j'accepte de travailler pour elle. En même temps,
ma volonté de travailler pour une société
française est reste vaine. Donc ce n'est pas une question
politique ou gouvernementale, c'est plutôt une question
de réactivité des entrepreneurs français
d'aller vers l'avant et de saisir les opportunités en
Bulgarie. Pour vous donner un autre exemple, il y quelques semaines
à Sofia le même jour, au même hotel international,
il y avait une réunion organisee par la Chambre de Commerce
Bulgaro-Americaine et une délégation du MEDEF.
Les mêmes représentants des autorités bulgares
étaient présents aux deux conférences.
La différence était la présence du secteur
privé en Bulgarie à la conférence organisé
par la Chambre de Commerce américaine, la publicité
omniprésente pour cette conférence et le cocktail
organisé le soir qui proposait encore un cadre non-formel
pour créer des liens commerciaux entre les entrepreneurs
bulgares et americains. Côté francais, une sélection
très étroite de représentants des autorités
bulgares et un diner fermé entre français le soir
a l'ambassade française. A la pause café de la
conférence du MEDEF, j'ai eu l'occasion de discuter avec
un des invités francais. Il a dit avec regret qu'il n'avait
pas eu l'occasion de rencontrer des sociétés bulgares
a cette conférence. Trouvez la cause ?!
3. Vos responsabilités au sein de
Colliers à Sofia s'étendent à l'ensemble
de la région d'Europe du sud-est. La Croatie, la Roumanie
et la Bulgarie sont connues pour les opportunités d'investissement
immobilier qu'elles offrent. S'agit-il des pays les plus intéressants
dans la région ? Quels types d'investissements sont actuellement
les plus rentables ?
Les marchés de l'immobilier dans ces pays sont très
jeunes. Ils sont toujours dans la phase "marchés
de developpeurs". Les opportunités sont là,
il faut les saisir. Comme exemple je vais vous donner le fait
que les prix de l'immobilier résidentiel en Bulgarie
ont augmenté de près de 50 % en 2004. Il y a environ
une cinquantaine de fonds internationaux qui sont a la chasse
d'opportunités dans le pays. La côte de la mer
Noire est un chantier de "second homes" ou des Anglais
et des Irlandais achetent par douzaines. Ces investissements
sont les plus rentables et par conséquent les plus risqués.
Il y a des opportunités dans tous les segments du marché
: bureaux, centres commerciaux, résidences secondaires,
industriel. Les rentabilités varient entre 8 % et 15
% pour les investisseurs et entre 25 % et 50% pour les developpeurs.
Propos recueillis par David Chelly, le 23
juin 2005
Plus d'informations :
Anton Slavtchev, Consultant
Investment Advisory / Commercial Brokerage Services
Colliers International
Business Park Sofia, Build. 13B, III
1715 Sofia, Bulgaria
Tel: + (359) 2 976 9 976 Fax: + (359) 2 976 9 977 Mobile:
+ (359) 885 102 172
anton.slavtchev@colliers.com ; www.colliers.com
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